28/08/2014

Ma vie en sous-titres : le sous-titre comme commentaire

Et si les sous-titres étaient non plus le reflet de ce qui est dit 
mais de ce qui est pensé ?

video


David Kessler s'est réveillé un jour pour constater que tout ce qu'il disait était à présent sous-titré. Ces sous-titres reflétaient ses pensées et non plus ses paroles. Une équipe de tournage l'a suivi lors de sa première journée en société et a documenté les effets désastreux de cette fenêtre ouverte sur une vérité pas toujours confortable pour son entourage (ou pour lui-même). 
Avec Elisa Dyann, Danny Grossman, Steve Barr, Jim Martyka, Kip Stolberg et Rebecca Lyons. 


Film présenté à :
Tulsa Uncensored Film Fest
Los Angeles Uncensored Film Fest
World of Comedy Fest 
Twin Rivers Media Fest 
Wildsound Fest 
Mockfest 
Dusk Til Dawn Film Fest

21/08/2014

Sous-titrage pour des labos US et distribution européenne : Les derniers jours de la planète Terre ?

Voici une information importante pour les sous-titreurs travaillant avec des laboratoires de sous-titrage aux USA qui ne savent souvent pas encore sur quels supports européens seront distribués séries et films. Enfin, si vous comptez toucher vos droits de diffusion. 


Film que j'ai sous-titré en français pour Netflix France et d'autres.
" Les derniers jours de la planète Terre"


"Netflix UK n’est pas le « copier/coller » du service US : La programmation des séries en Grande-Bretagne reprend évidemment les séries exclusives de Netflix, mais au global l’offre s’avère assez différente. Plusieurs grandes séries sont absentes de la programmation anglaise, comme Glee, Grey’s Anatomy, Law and Order, Bones ou Mad Men. A côté de cela, on va trouver des séries comme Californication, Castle, Criminal Minds ou Doctor Who qui ne sont pas toujours présentes dans l’offre américaine. Et puis, Netflix a pensé à ajouter des séries purement britanniques, avec par exemple Dowton Abbey, Paddington et Bob The Builder qui sont des séries anglaises. Cela signifie donc que Netflix n’a pas forcément pu acquérir les droits des séries sur les territoires hors des Etats-Unis du fait des accords antérieurs signés par les studios avec les chaînes de TV locales et les plateformes de SVOD concurrentes. Evidemment cette situation n’est pas figée sur les nouvelles séries qui seront mises à l’antenne à partir de 2014 car alors la capacité de négociation de Netflix jouera pleinement du fait de sa couverture européenne. Mais comme les studios ont maintenant pour habitude de signer les droits VOD et SVOD dans le prolongement des droits TV, cela va inévitablement donner lieu à une féroce bataille entre les chaînes de TV européennes et Netflix. Et souvent, à ce petit jeu, c’est celui qui a les poches les plus profondes qui l’emporte.


Pour finir, la programmation des Pays-Bas s’appuie sur celle des Etats-Unis, avec la plupart des grandes séries de catalogue comme Dexter, Chuck, Lost, Heroes, mais sans certaines des grosses séries encore en cours de diffusion un peu partout dans le monde qui elles, doivent être sous droits télé et éventuellement bloquées par des holdbacks des chaînes. Des holdbacks qui auront sans doute du mal à tenir dans le temps si Netflix fait des offres d’exploitation SVOD dont le montant pourrait rapidement dépasser celui des droits annexes aux droits TV. Petite anecdote, Homeland Saison 1 est disponible dans l’offre néerlandaise de Netflix alors que la série est absente de l’offre américaine et anglaise.


Netflix en France, ça donnerait quoi ?

Ce panorama permet d’esquisser ce que pourrait être Netflix France à son lancement : une offre de SVOD, comprenant entre 2.000 et 4.000 titres, commercialisée au prix de 6,99 € ou 7,99€. Et contrairement aux idées reçues, le vrai défi de Netflix pour atteindre le premier million d’abonnés, ne portera pas tant sur les aspects réglementaires ou sur ses accords de distribution, mais bel et bien sur son offre de programmes.L'effet "binge viewing" sera sans aucun doute un moyen de recrutement efficace, bien que copié un peu partout depuis son apparition sur Netflix. Certes, ses concurrents français n’ont pas les mêmes moyens : ni financiers, ni techniques, ni marketing. Mais à ce jour ils ont un atout de poids : une offre de programmes dont la tonalité correspond plutôt bien aux goûts des Français, même si elle peut encore progresser en qualité et en densité.
 

Alors que va devoir faire Netflix ?

Pour le cinéma, Netflix va avoir 2 handicaps à surmonter : une chronologie désavantageuse sur les nouveautés et une forte concurrence de la TNT sur le catalogue (plus de 100 films de catalogue disponibles gratuitement chaque semaine), mais aussi une  rude concurrence des autres plateformes de SVOD qui ont déjà signé des accords avec les studios américains. Il va donc falloir que Netflix déploie des trésors d’imagination pour bâtir une offre réellement séduisante. Car ce n’est pas avec les films de seconde zone, tels que ceux que nous avons trouvé dans les récentes mises en ligne que Netflix va conquérir l’Hexagone.  Netflix va devoir nouer des accords puissants avec les producteurs français, eux-mêmes très engagés avec les chaînes de TV du simple fait de leurs engagements (préachats, coproductions, mandats divers).

Sur les séries, le marché VOD et SVOD français est plutôt bien quadrillé. D’un côté les offres  VOD H24, en direct des USA, qui se sont généralisées depuis 2007 et de l’autre des offres de SVOD qui se sont déployées au fil du temps et qui occupent de plus en plus de place ; sans oublier la diffusion des séries en Replay. Même si toutes les séries ne sont pas disponibles en SVOD, le terrain n’est donc pas vierge pour Netflix. Et comme les séries locales ne font pas forcément recette en VOD et en SVOD, c’est bien autour des séries américaines que la bataille va se cristalliser. Netflix misera sur ses séries exclusives, mais devra casser sa tirelire pour récupérer les séries américaines qui font les beaux jours de l’audience des chaînes françaises : 90210, Lie To Me, Law  & Order, Bones…mais aussi Castle, Mentalist, Homeland. La captation des droits SVOD sera un des grands enjeux de 2014 et à ce stade, il est difficile de savoir comment cela va se passer, car même si les chaînes ont réussi à bloquer ou à exploiter les droits SVOD pour le moment, il n’est pas certain qu’ils puissent continuer à le faire si Netflix met la pression sur les studios.

(...)

Au final, en décidant de se lancer en France, Netflix va se trouver confronter à son lancement le plus complexe à l’international : programmation, réglementation, distribution, mais aussi localisation des programmes en français. De quoi donner du fil à retordre aux équipes en charge du projet ;)  A bien y regarder, le lancement de Netflix France s’avère bien plus risqué  que prévu : d’abord parce que la comparaison avec la taille du portefeuille britannique sera permanente, ensuite parce que ses concurrents ne vont pas se laisser faire. Une très bonne nouvelle pour le marché VOD et pour tous les producteurs, car il faut bien l’avouer, l’année 2013 de la VOD est bien décevante : le marché VOD et SVOD se doit de rebondir au plus vite. "


Extrait de "Netflix : panorama de l’offre de programmes du leader mondial de la SVOD, Pascal Lechevallier pour Digital Home Révolution, 08 Décembre 2013, http://www.zdnet.fr/actualites/netflix-panorama-de-l-offre-de-programmes-du-leader-mondial-de-la-svod-39796151.htm

16/08/2014

Doublage et sous-titrage ou un commentaire de l'interview de Michel Papineschi : la voix de Robin Williams c'était lui


Arabian Gulf (Dec. 19, 2003) -- Actor/comedian Robin Williams signs an autograph for Lt. Matthew Duffy, from Chicago, Ill, during a holiday special aboard USS Enterprise (CVN-65) hosted by the United Service Organization (USO). The show took place in the ship's hangar bay and featured the visiting Chairman of the Joint Chiefs of Staff, General Richard Myers, NASCAR driver Mike Wallace, and World Wrestling Entertainment (WWE) celebrity Kurt Angle. Enterprise is currently underway conducting missions in the Arabian Gulf in support of Operation Iraqi Freedom and the continued war on terrorism. U.S Navy photo by Photographer's Mate Airman Milosz Reterski.


Le fait que le doublage comme le sous-titrage sont des mondes fermés en France est très problématique. Surtout quand on voit la mauvaise qualité de certains doublages ("J’ai vu de grands acteurs être de très mauvais doubleurs et inversement. L’idéal c’est d’être les deux en même temps": Non, être les deux devrait être une condition, pas un idéal). 



Avec une concurrence réelle la qualité, on peut l'espérer, s'améliorerait ("le doublage français est considéré comme l’un des meilleurs au monde" dit Michel Papineschi. Selon qui exactement ? Ces critiques ont-ils entendu le doublage de certains personnages de "Royal Pains" par exemple ou d'un film comme "La prisonnière espagnole" carrément massacré au doublage?).




Je viens de vérifier les sous-titres de films doublés en français et en allemand. Le doublage allemand était la plupart du temps bien meilleur avec un véritable jeu d'acteurs, tandis que le doublage français était souvent plat et interchangeable, sans véritable jeu d'acteur. Il y a des réussites parfois (X-Files) mais la logique qui veut que les doubleurs ne sont pas forcément des acteurs se ressent dans la qualité très inégale du doublage français.




Les sous-titreurs, dont bizarrement on parle encore moins que les doubleurs, gagnent plutôt mal leur vie. Souvent on ne cite même pas leur nom alors que dans le monde du livre on cite toujours le traducteur.

Les métiers de la post-production sont en général moins respectés comme s'ils ne participaient pas à la création d'une oeuvre.

On préfère aduler une poignée d'acteurs, certes talentueux mais qui souvent se passeraient bien de cette attention devenue irrationnelle et qui préfèreraient être respectés pour leur travail comme tout un chacun.