26/09/2014

Ne dites pas à mes parents que je suis sous-titreuse, ils croient que je vends des parapluies dans le désert d'Atacama



Quel est le point commun entre un sous-titreur et une entreprise qui crée des organismes génétiquement modifiés ? La mauvaise réputation.
Les réactions du public ressemblent en général à ça :

-  Regard vide. Silence.
- "Ah, on gagne sa vie avec ça ?"
- "C'est quoi le sous-titrage ?"
- "L'autre jour j'ai vu des sous-titres vraiment nuls."
- "C'est génial. C'est payé ?"
- "Moi, je préfère les versions doublées"
- "Moi, je ne regarde que la VO sans sous-titres. Je comprends tout."

Je me souviens d'un Festival de Cannes. Je discutais avec un producteur. Il m'a demandé ce que je faisais et lorsque je lui ai répondu "sous-titreuse", il a tourné des talons et est parti sans un mot.
J'étais stupéfaite, car si on considère le travail de création, de compétence linguistique et culturelle nécessaires au sous-titrage et le fait qu'un film étranger aurait bien du mal à s'imposer hors de ses frontières sans le doublage et le sous-titrage, sa réaction était franchement absurde (grossière et peu professionnelle également, soit dit en passant).

Certes, il y a trop de mauvais sous-titreurs sur le marché, mais il y a aussi bon nombre de mauvais acteurs, réalisateurs, producteurs et pourtant personne ne tourne des talons lorsque vous annoncez être réalisateur.

Aux Etats-Unis, malgré sa contribution créative importante, le sous-titreur n'est bien souvent même pas cité (un écrivain qui travaille dans sa propre langue ameuterait la Writer's Guild dans la seconde, qui étrangement ne représente pas les sous-titreurs), alors que même le comptable ou le traiteur figure au générique.



Il serait souhaitable que les professionnels de l'audio-visuel soutiennent davantage les sous-titreurs sur le plan des tarifs mais également sur la valeur de leur contribution créative et financière. 



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