22/09/2014

Non monsieur, c'est la boucherie Sanzot ici !

Halle Berry n'est pas la seule à être perplexe  
(ici dans "Extant", série de CBS, dont j'ai traduit la 1ère saison en français)


Voici un des joyeux commentaires de l'article d'Europe1 :  "Les "fansubbers" ou le sous-titrage low cost" par Francis 
(je le reproduis tel quel, sans aucune modification, ni correction).

"Les "pro" qui commentent le travail des fansubs le nez de travers, ça fait sourire. Il me suffit de reprendre la moitié de mes dvd pour trouver des fautes de traductions du niveau de ces derniers. De plus, il manque 2 points a cette comparaison: -Le travail de sous-titre sur les production non anglophone, comme par exemple l'animation ou les séries asiatiques, qui bénéficie d'un suivi non existant et dans le cas ou ce dernier a lieu, d'une qualité médiocre (tant au niveau du sous titrage que du doublage) de la part des boites pro. Et dans ces cas, il arrive fréquemment de voir une équipe prendre son temps pour faire le travail comme il faut. -Dans le cas des series de genre (Big Bang Théorie, Game of Throne, Walking Dead...), une connaissance du medium originale ou de l'univers qui permet la retranscription de tout le contenu "fan service". Friends, How i met your mother ou Big bang théorie en francais ou en sous titré francais, c'est juste la perte de 50% des références. Pour moi le choix est vite fait: V.O sans sous titre dans le cas d'une serie en anglais. Au fur et a mesure, on lit de moins en moins les sous titres, et on fini par ne plus en avoir besoin. Les quelques révérences qui nous passeront a coté ne seraient de toute manière pas dans les sous titres dans la grande majorité des cas. Pour les autres langues, bien souvent sous titre par fansubber, le travail des "pro" sur ce type de produit étant pas meilleur que la moyenne et surtout bien souvent inexistant."

Voici ma réponse à ce spectateur, qui est loin d'être le seul (malheureusement):

Quand on dit "pro", il vaut mieux exclure les gens qui se sont levés un matin en se disant : "Ce serait drôlement chouette si je gagnais ma vie en sous-titrant des films et séries". Ces gens, qui ne sont pas des fansubbers, mais des traducteurs plus ou moins bons sans la moindre formation en audiovisuel, cassent les prix (ils ne connaissent d'ailleurs ni les tarifs pratiqués, ni les droits d'auteur qu'ils peuvent réclamer à chaque diffusion). Trop de labos cherchant des sous-titreurs bon marché se tournent vers eux. Rien n'est relu et vogue la galère.
Heureusement, de plus en plus de labos, suite aux plaintes de leurs clients, reviennent vers les sous-titreurs compétents.
Mais dire que, parce qu'on a vu de mauvais sous-titres sur un DVD, tous les sous-titreurs qui gagnent leur vie avec ce métier sont nuls, est aussi bête que de dire que parce qu'un dentiste est nul, ils le sont tous et qu'on ferait tout aussi bien d'aller se faire arracher les dents sur la place publique.

Quant aux 50% de références perdues, selon notre commentateur adepte du fansub, on les a retrouvées :


A lire en 1-2 secondes 


J'aimerais terminer par un excellent commentaire d'un lecteur de Libé sur l'article : Séries Mania – Le sous-titrage, un sujet qui fâche :


Pourquoi a-t-on souvent l'impression, en lisant ce genre d'article, que les fansubbers et les traducteurs professionnels ne sont pas si différents ? Et que, à la limite, les fansubbers seraient même meilleurs ? Rappel : une différence majeure entre les fansubbers et les traducteurs pro, c'est que les seconds savent ce qu'ils font. La traduction ne s'improvise pas, c'est un travail qualifié. Dans un autre contexte (pour parler de chirurgiens, de mécaniciens, d'avocats...), si l'on écrivait que "professionnels et amateurs [sont] guidés par le même amour du travail bien fait", on s'apercevrait tout de suite du ridicule de cette déclaration. Pourquoi faire confiance aux amateurs lorsqu'ils affirment faire du bon boulot ? Selon la simple logique, il devrait être évident que la production de personnes dont ce n’est pas le métier a peu de chances, en moyenne, d’être meilleure que le travail de professionnels... Sauf à dévaloriser à la fois l’activité et la parole de ces derniers, ce qui est bien souvent le cas. Et si l'on objecte que les traductions type SDI sont mauvaises : elles ne sont justement pas faites par des professionnels dignes de ce nom.

(...)

A lire : la réponse de l'ATAA à un article du Monde diplomatique s'extasiant également sur le fansubbing.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire